Ali Dia, le génial mystificateur

Quel fan de football n’a jamais rêvé de fouler la pelouse d’un stade plein à craquer « pour voir à quoi ça ressemble » ? Ali Dia l’a fait en réalisant la plus grande supercherie de l’Histoire du football moderne. Récit du Rémi Gaillard sénégalais.

En faisant n’importe Dia, on devient n’importe qui

Nous avons tous en tête l’image de Jacques Chirac, au Stade de France, lors de la finale de la Coupe de France 2002. Ce soir-là, Lorient l’emporte contre Bastia sur le score d’un but à zéro. Durant la remise des médailles, le Président français ne tarit pas d’éloges à l’égard des nouveaux lauréats. Tout l’effectif y a droit y compris … Rémi Gaillard. En effet, le célèbre humoriste parvient à se mêler au groupe lorientais et à serrer la main du chef de l’Etat, qui le félicitera pour son match. L’image, très drôle, fait le tour des JT et engrange plus de dix millions de vues sur les réseaux sociaux. Mais ce que la plupart des gens ignorent, c’est qu’avant lui, un génie de la supercherie du nom d’Ali Dia avait réussi l’impossible.

Le coup de maître

Ali Dia, la version made in Pakistan de George Weah

Ali Dia est un modeste footballeur sénégalais rêvant de gloire dans le monde du football. Il fait ses gammes en France, dans des clubs tels que Dijon ou encore le Saint-Quentin Olympique. Mais le monde du ballon rond est un monde cruel, très restreint et le joueur comprend rapidement qu’il ne parviendra pas à atteindre les sommets de ce sport. Il est alors âgé de 31 ans et essaie le tout pour le tout.

En effet, il va traverser la Manche pour tenter l’impossible : intégrer directement un club de Premier League.

Ce coup de poker repose sur une stratégie simple. En 1995, l’attaquant libérien George Weah, meilleur joueur du monde et Ballon d’or en titre, illumine la ville lumière.

Dia décide alors de contacter directement les clubs anglais par téléphone, en se faisant passer pour l’attaquant du Paris Saint-Germain.

Dans son scénario, Weah recommande vivement son (faux) « cousin », qu’il présente comme un talent sans précédent. Si le Tottenham d’Harry Redknapp ne tombe pas dans le piège, le club de Southampton a moins de flair et accepte de lui donner sa chance en allant même jusqu’à signer « l’imposteur » sur la base d’un contrat d’un mois.

Un jour, un destin

C’est une histoire que Laurent Delahousse pourrait raconter. Ali Dia va donc s’entraîner dans un premier temps avec les Saints. Ses lacunes footballistiques ne passent pas inaperçues, l’attaquant de l’époque Matt Le Tissier témoigne : « il n’est pas très bon, il n’y arrivera pas ».

Que nenni, quelques jours plus tard, suite à une hécatombe de blessures sur les postes offensifs, Dia est sélectionné dans

Voilà à quoi ressemble un génie.

le groupe pour affronter Leeds United. Et coup du destin, Matt Le Tissier, alors seul attaquant encore valide se blesse au bout de vingt minutes de jeu. C’est à ce moment-là que Souness, entraîneur de Southampton, fait basculer Dia de simple plaisantin à véritable génie.

« Worst player of Premier League history »

L’attaquant sénégalais foule donc une pelouse de Premier League et réalise un rêve.

Cependant, tout le monde constate la pauvreté de son jeu et il sera sorti à la 53ème minute de jeu. Réussissant tout de même à se procurer une énorme occasion de but, sur son seul ballon touché. Pas suffisant pour l’empêcher d’hériter du trophée de « pire joueur de l’histoire de la Premier League ». Mais l’important n’est pas là pour le footballeur amateur car il le sait, il vient de réaliser l’impossible en cassant les codes du football moderne.

Finalement,  il aura réussi à devenir une légende de son sport et il est peut-être là, le vrai coup de génie.

Léonardo Jardine
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Léonardo Jardine

Rédacteur sur MotherSoccer chez Mother Soccer
Fidèle supporter de l'ASM, je conçois le journalisme comme un centre de Jérôme Rothen : millimétré.
Inconditionnel de PES, j'ai toujours préféré les Castolo et consorts aux superstars du ballon rond. C'est dire mon amour pour le football, le vrai.
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