Hambourg gerbe

Les légendes ne meurent jamais, dit-on. C’est possible, mais malheureusement elles peuvent parfois s’éteindre. En Allemagne, pendant que l’on glorifie – à juste titre – la régularité phénoménale du Bayern Munich, on pleure la lente extinction d’un autre club mythique de la Bundesliga : le Hambourg SV.

Flirtant depuis des années avec la relégation, le HSV semble bien parti pour cette fois ne pas échapper au sort qui lui pend au nez depuis si longtemps : une relégation en 2.Bundesliga. Un véritable cataclysme, puisque ce membre historique est le seul club de Bundesliga à n’avoir jamais été relégué. Sextuple champion d’Allemagne et vainqueur de la C1 en 1983, Hambourg est au sommet du football allemand et européen dans les années 80. Car de 1979 à 1984, il se classe six années de suite dans le top 2 du championnat (3 fois sacré champion) et dispute trois finales de Coupe d’Europe : 1980 et 1983 en C1, et 1982 en C3. Une vraie période dorée, où le club devient un vrai grand d’Allemagne et d’Europe, aux côtés du Bayern Munich, de Nottingham Forest ou de Liverpool.

Malheureusement, depuis 1987, le club ne s’est classé que deux fois sur le podium, dont la dernière en 2006. Pendant quelques saisons, et jusqu’en 2011, le HSV figure parmi les bonnes équipes allemandes, terminant 4e, 7e ou 8e. Il voit éclore de futurs grands joueurs comme van der Vaart, Kompany et Boateng, et peut également compter sur un grand Ivica Olic, qui marquera entre 2007 et 2009 48 buts pour le club de la deuxième plus grande ville du pays.

Hambourg connaît une première très grosse alerte lors de la saison 2011-2012, où le club termine à la 15e place en évitant de très peu un barrage pour la relégation. Mais alors que l’année suivante est plus tranquille, les bleu et noir vivent un calvaire durant deux saisons de suite, finissant cette fois-ci par se sauver lors de barrages contre Greuther Fürth (2014) et Karlsruhe (2015). En 2016 et 2017, si « le dinosaure » n’est plus concerné par cette place de barragiste, ses saisons n’en sont pas moins stressantes, devant batailler jusqu’au bout pour éviter le pire, au prix d’efforts harassants, comme s’il était désormais aimanté par la 2.Bundesliga. Et malheureusement, cet effet s’accentue de plus en plus. Il semble désormais inévitable que ces deux mondes, qui ont toujours été dissociés, se rencontrent dès la saison prochaine. Car le Hamburger Sport-Verein est aujourd’hui bon dernier du championnat. Sept points de retard sur la place de barragiste, à sept journées de la fin, la mission paraît impossible pour une équipe qui a perdu confiance depuis de si longues années.

La situation qui ronge le club semble inextricable : le président, le directeur sportif, les coachs, tout le monde a été limogé cette année. S’ajoutent à cela la tristesse et la colère des supporters, à l’image de ceux qui ont récemment planté des croix funéraires devant le Volksparkstadion et brandi des messages de menace, et vous obtenez une bonne grosse situation pourrie – c’est le mot. Côté club, les changements se font en interne, ce qui tendrait à indiquer une certaine forme de résignation (ou de réalisme). On reconstruit de l’intérieur, en deuxième division, peut-être pour plusieurs longues années, afin de nettoyer tout celaen espérant repartir sur des bases plus saines et plus solides. Mais si l’on prend en compte la grosse incertitude sportive d’une remontée immédiate, ainsi que les difficultés économiques liées à une descente, cela reste évidemment plus facile à dire qu’à faire.

Si en France cela risque de passer assez inaperçu, il est certain qu’outre-Rhin on se prépare à un tremblement de terre. Car si la relégation quasiment actée est déjà un malheureux événement en soit, la pente très savonneuse sur laquelle est le HSV depuis maintenant de très nombreuses années peut faire craindre le pire. Espérons pour les supporters, mais aussi pour le football allemand dans sa globalité, que le HSV ne végète pas trop longtemps dans l’antichambre de la Bundesliga, au risque de devenir définitivement un vieux légume.

Fernando Trodgraisse

Fernando Trodgraisse

Rédacteur chez Mother Soccer
Rajon Rondo du ballon rond.
Fernando Trodgraisse

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