Immersion lilloise pour Galles-Belgique

Foot, bière, fricadelle et champagne. La SNCF nous a envoyé en immersion à Lille pour le quart de finale entre le Pays de Galles et la Belgique. Mother Soccer te raconte une journée et une ambiance uniques. Récit.

 

/Aller

Vendredi matin, 9h.
Le rendez-vous est donné à la gare de Paris Nord avec Guillaume, le saltimbanque de Buvettes.com (c’est d’ailleurs lui qu’il faut remercier pour les photos de cet article : Merci Guillaume !).
Heure du train, 9h40.
Destination, Lille.
En ligne de mire ? Le quart de finale entre le Pays de Galles et la Belgique à Pierre Mauroy, la nouvelle antre du LOSC.
Durant l’heure nécessaire pour rejoindre la belle du nord, nous avons à peine le temps d’engouffrer nos « maxi pains au chocolat » achetés à Paris et de prendre connaissance des turpitudes de la vie privée de Cabaye.
« Mesdames, Messieurs bonjour, nous arrivons en gare de Lille Europe ».

 

/Avant-Match

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Bonjour Fanzouze

En avant, l’immersion débute maintenant. Et cela commence fort puisque la fan zone lilloise jouxte la gare Lille Europe. Nous décidons donc d’aller y faire un tour. Il n’est même pas 11h, et quelques dizaines de supporters belges ont déjà pris possession des lieux, chantant déjà à la gloire du plat pays.

 

11h30. Nous récupérons nos sacs à la consigne de la Fan Zone gérée par une jolie et non moins sympathique lilloise et nous nous dirigeons un peu à l’aveugle vers des échos de chants de supporters. Nous tombons sur ce que nous cherchions : le match a déjà débuté entre les supporters gallois et belges qui ont pris quartier dans deux bars voisins et qui se livrent à un mano à mano dont on ne saurait élire le vainqueur.

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Don’t take me home, please don’t take me home…

La pluie naissante ne les arrête pas, mais nous incite à aller déposer nos affaires chez notre hôte du soir (merci Aurèle !). Délestés et secs, il est temps de s’octroyer une fricadelle et de digérer en visitant l’expo Foot Forraine de la gare Saint Sauveur. Guillaume et moi restons notamment captivés par une installation permettant de revivre la finale de 2006 en visualisant de manière simultanée de nombreuses données (statistiques, caméras isolées, heat map, etc). Comme deux adolescentes espérant que le drame ne se produise pas en regardant une énième fois Titanic, nous tremblons fébrilement jusqu’à la séance de tirs aux buts… perdue, comme attendue.

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La frite c’est la fête !

Notre estomac et notre nostalgie rassasiés, nous rejoignons la place du général de Gaulle, rendez-vous principal des supporters belges et gallois durant l’après-midi d’après Aurèle. Et notre hôte disait vrai : la place est rouge de monde et l’ambiance est déjà très haut sur l’échelle du kiff. Les supporters belges, voisins des lillois, sont logiquement bien plus nombreux que les gallois, et ce sont eux qui mènent la danse sur la place. Chants, fumigènes et concours de déguisement, l’avant-match prend possession des rues lilloise dans une euphorie généralisée, où même des supporters gallois finissent avec les joues maquillées aux couleurs belges ! Nous profitons de l’atmosphère pour nous mêler à la liesse et des supporters belges, en apprenant que nous venons de Paris, nous vendent Thomas Meunier (jeune joueur belge pisté par le PSG) comme une pépite. Nous leur répondons alors que les deux seules conditions pour qu’il soit bien accueillis sont d’être meilleur que Van der Wiel (formalité) et de ne pas avoir Periscope.

Se prendre un tampon.

Se prendre un tampon.

18h. Il est temps pour nous de rejoindre le club SNCF situé à quelques minutes à pieds. En arrivant, nous sommes accueillis avec un sac contenant une batterie portable (le cadeau le plus utile qui soit en pareilles conditions), et nous sommes accompagnés au cocktail dinatoire sur fond de pronostics sur le match et dans une ambiance feutrée et détendue. Le staff SNCF est parfait, les invités sont chaleureux, la journée est pour le moment on ne peut plus parfaite.

19H45. Le staff nous invite à nous diriger vers les cars VIP qui nous sont alloués afin de nous rendre au stade. En quelques minutes, nous quittons Lille et arrivons sur le parking du stade Pierre Mauroy.

 

/Match

En descendant du car, nous nous mêlons aux supporters belges et gallois qui se pressent vers le stade dans une bonne humeur à la hauteur de l’évènement. Le cortège avance à une allure modeste, et nous rencontrons quatre supporters anglais venu donner de la voix pour le Pays de Galles. L’attente en leur compagnie est plaisante et ils nous trouvent même des ressemblances avec Laurent Koscielny et Gignac, et nous parlent du néo-frenchie Mandanda, étonnamment peu connu outre-manche, et de Payet, déjà considéré comme un Dieu vivant et jugé meilleur joueur de l’EURO par nos compères anglais.
Une fois les différents contrôles de sécurité passés sans encombre, nous arrivons aux pieds du stade pour de bon et le moins que l’on puisse dire, c’est que le navire lillois est impressionnant. Nous sommes encore plus bluffés lorsque nous prenons place dans des tribunes vertigineuses, donnant la sensation d’un immense mur autour des joueurs, à l’image du mur jaune de Dortmund.

Pierre Mauroy mon amour

Pierre Mauroy mon amour

Hier soir, le mur était rouge peu importe l’endroit où nos yeux se posaient.
Le seul moyen de différencier supporters belges et gallois était les occasions et buts qui soulevaient une partie ou une autre du stade. En dehors de ces moments, les chants résonnaient aux quatres coins du stade, en résultant une ambiance de très haut niveau, rarement vécue par mon acolyte et moi.
Mi-temps, nous en profitons pour quitter nos places et aller nous balader au milieu des supporters en plein ravitaillement. À l’image du soleil qui inonde encore Pierre Mauroy de reflets dorés, les deux camps sont encore plein d’espoir.
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C’est durant la seconde période que nous découvrons définitivement les supporters gallois, relativement discrets durant la journée. Ce peuple est amoureux du football et notamment de son équipe nationale. Sur le 3e but gallois, le « kop » des supporters s’est embrasé, pour une communion totale avec son équipe, venu fêter le but en saluant ses fans. Juste derrière nous, un couple gallois nous marque particulièrement. Ils chantent, vibrent, frissonnent… Et durant les 15 dernières minutes, leurs yeux se remplissent d’étoiles larmoyantes sous le coup de l’émotion procurée par ce moment historique.
Ils nous offrent alors un moment fort et une image qui me marquera probablement pour très longtemps.

/Après-Match

Coup de sifflet final, c’est en spectateurs bienveillants que nous regardons les supporters, les joueurs et le staff gallois célébrer leur victoire méritée pendant que nous sortons du stade, entourés de supporters belges qui se font maintenant aussi discrets que le soleil qui s’en est allé dans la nuit lilloise. Nous retrouvons la navette SNCF et profitons du trajet pour refaire le match, et nous mettre d’accord : ce moment était privilégié, nous sommes chanceux et en avons conscience.

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Au club SNCF, la collation d’après-match se déroule calmement, entre yeux humides, voix cassées et promesses d’un match dingue entre le Pays de Galles et le Portugal. Nous en profitons pour profiter des mets mis à notre disposition avant de remercier un staff SNCF tout simplement parfait et de rejoindre Aurèle (notre hôte) dans un bar. C’est là que nous faisons la connaissance d’Ifan, un supporter gallois qui fête calmement mais dignement la victoire avec ses amis. Nous en venons à discuter avec lui, et il se présente comme un ami proche du joueur Joe Ledley, numéro 16 de la sélection galloise. Il finit de nous rendre amoureux de l’équipe galloise en nous expliquant que le mariage de Ledley est prévu depuis longue date, le jour de la finale de l’Euro. Une histoire dont pourrait se délecter les journalistes dans les jours qui viennent, et qui rend cette sélection galloise encore plus attachante.
C’est en terminant nos bières et en faisant la fermeture du bar que notre journée s’achève.

/Retour

Ce matin, les abords de la fan zone lilloise voyaient fleurir quelques maillots allemands et italiens, croisant les tuniques galloises et belges qui rentraient chez eux pour certains, partant pour de nouvelles aventures pour d’autres. Ces derniers moments avant de prendre le train du retour nous offre une vérité : de ville en ville, partout en France, l’Euro 2016 se vit d’abord et aussi dans les trains et les gares SNCF. Des gares qui voient des nations arriver pleines d’espoir et le verbe haut, et les voit repartir le lendemain, le récit d’une journée de football pouvant se lire dans leurs yeux encore humides, que ce soit de joie ou de tristesse. Aujourd’hui, demain et jusqu’au 10 juillet, l’histoire se répétera, rythmée par l’entêtant et attachant « PA-PA-PA-LAA » du transporteur national.

Didier Déchante

Didier Déchante

Supporter de l'OM (c'est dire la santé du bonhomme), je considère donc par définition que le foot n'a rien de sérieux... sauf quand il est joué sur un terrain réel ou virtuel. Amoureux du beau jeu dicté par Zidane, Maradona ou encore Gattuso (what ?), je compense mon manque de talent par un jeu de doigts faisant merveilles sur un clavier.
Didier Déchante
Mathieu Lecomte

Supporter de l'OM (c'est dire la santé du bonhomme), je considère donc par définition que le foot n'a rien de sérieux... sauf quand il est joué sur un terrain réel ou virtuel. Amoureux du beau jeu dicté par Zidane, Maradona ou encore Gattuso (what ?), je compense mon manque de talent par un jeu de doigts faisant merveilles sur un clavier.

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