Javi Poves : J’irai dormir chez vous

A 24 ans, Javi Poves, défenseur du club espagnol du Sporting de Gijon décide de résilier son contrat et de ne pas prolonger l’aventure asturienne. Manque de temps de jeu ? Désaccord salarial ? Loin de ces considérations, l’espagnol abandonne le futball pour une raison on ne peut moins banale : Selon lui, « Le football professionnel n’est qu’une affaire d’argent et de corruption. C’est du capitalisme, et le capitalisme, c’est la mort ». Portrait d’un baroudeur.

 

Au cours de l’été 2011, alors que Lionel Messi et ses coéquipiers célèbrent un nouveau titre de Liga, Javi Poves lui, vient de terminer deux saisons pleines au sein de l’équipe B du Sporting de Gijon, allant même jusqu’à disputer une poignée de minutes en fin de saison avec l’équipe première, lors de l’avant dernière journée de Liga. Pourtant, au sein de l’effectif du club espagnol, il dénote, n’hésitant pas à refuser une voiture de fonction offerte par un des sponsors du club. Puis, peu après avoir demandé à ce que son salaire lui soit versé en liquide, pour ne pas alimenter la spéculation bancaire, le madrilène de naissance préfère tourner le dos au monde du football, fatigué d’appartenir à un système qui ne lui convient pas, il reprend des études d’histoire, puis part voyager pendant près de trois ans.

« C’est la meilleure décision que j’ai pu prendre de toute ma vie » assume t-il, après avoir traversé plus de 35 pays à travers le monde, sans payer une seule fois un hôtel, afin de s’imprégner au mieux des cultures locales.

 

L’ex-joueur  professionnel commence d’abord par faire étape au Sénégal, ou au sein d’une des zones les plus pauvres du pays, il trouve la paix intérieure qu’il était venu chercher. Il visite ensuite la Sibérie, puis, tenté par le régime de Raul Castro, il pose ses valises à Cuba, ou il découvre un modèle social qu’il idéalisait peut être un peu trop : « Ce n’est pas le régime auquel les cubains adhèrent ». Déçu, il prend la direction du Venezuela, où il tombe en admiration devant les idées d’Hugo Chavez, se qualifiant lui-même publiquement de « Chavista ». Pourtant, il préfère continuer son périple en Iran, tout sauf un hasard puisque dès le premier jour de sa retraite, il confiait son attrait pour l’Islam : «  J’adorerais aller en Iran, c’est mon rêve. (…) L’islamophobie qui est en train de gagner le monde, jamais je n’ai pu en discuter avec un coéquipier « . A tout cela, viennent se greffer des rencontres, des moments de partage et la découverte des nouvelles cultures, mais après trois années de périple à travers le globe, il rentre à Madrid.

 

A son retour, et bien que complètement métamorphosé par ce voyage, il décide de rechausser les crampons. Nous sommes alors en 2014, et c’est à San Sebastián de los Reyes, club troisième division espagnole de la banlieue madrilène, que le footballeur antisystème souhaite donner une dernière chance au football. Peine perdue, la passion est brisée, et sa dernière romance avec le ballon rond ne durera que quatre matches. Fin du bal.

Aujourd’hui, c’est derrière un comptoir que Javi Poves fait des merveilles, il travaille en effet dans un bar à tisane / herboristerie dans le centre de Madrid. Loin, très loin du monde du football…

José Aligot
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José Aligot

Rédacteur sur MotherSoccer chez Mother Soccer
Maitrise le tacle glissé aussi bien que la recette de la fouace, je préfère en revanche le foot sud-américain aux tripoux. Appel contre appel entre Paul Lignon et les stades du monde entier.
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