Laurent Blanc : premières impressions

Laurent<blanc_MotherSoccerAujourd’hui, la Pallette de Franky revient sur les premiers pas de Laurent Blanc à la tête du Paris Saint-Germain. Analyse tactique et enseignements.

Le PSG n’a joué que 7 matchs officiels sous la direction de Laurent Blanc mais on sent déjà une structure se créer au sein de l’effectif. Le jeu proposé par le club progresse de semaine en semaine et semble avoir un potentiel d’efficacité et de divertissement supérieur à l’an passé. Alors, on s’excite un peu et on se dit qu’au final notre entraîneur à l’accent du sud a peut être de quoi nous proposer du beau jeu et retrouver peut être son inspiration bordelaise qu’il n’avait jamais réussi à mettre en place avec l’équipe de France.  L’ironie veut qu’après quelques essais ratés sur des systèmes différents, on se tourne vers l’équipe que Carlo voulait mettre en place. Alors, faisons un petit aperçu de ce qui a changé par rapport à l’an dernier, et ce qui reste en place.

L’animation offensive : 4-3-3, Regista et faux 9

Laurent Blanc a déjà utilisé 3 systèmes de jeu différents depuis le début de la saison.  En commençant par un  4-2-3-1, on pensait que l’on revivrait un système très similaire au jeu Bordelais du titre Girondin de 2009. Mais l’idée est très vite abandonnée par l’arrivée de Cavani et Blanc passe au 4-4-2 qui permet d’utiliser un système dans lequel les joueurs évoluaient l’année précédente tout en alignant Zlatan et Edinson en pointe. Apres deux matchs contre Ajaccio et Montpellier qui proposent une animation assez pauvre, notamment dans l’utilisation des côtés,  on passe en 4-3-3 contre Nantes. Un système qui semble parti pour durer.

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Depuis Nantes donc, l’animation dans la relance est exactement la même  que ce que l’on pouvait voir en début de saison passée avec ce triangle à 3 au milieu. Motta évolue en regista, régule et oriente le jeu. Les deux latéraux viennent proposer des solutions plus hautes à hauteur de la ligne des milieux ainsi qu’un Ibra qui va souvent décrocher et venir offrir une 5ème solution de passe vers l’avant.

C’est d’ailleurs un rôle particulier qu’Ibra joue dans l’effectif Parisien cette année. AvecCavani et Lavezzi qui organisent pour le moment le trio d’attaque, Zlatan a encore plus d’influence dans la construction du jeu que l’an dernier. En regardant son positionnement sur le terrain, on pourrait même le qualifier de faux 9, ce qui est ironique compte tenu de la qualité des avants centres dans l’effectif. Sur la carte ci-dessous, vous pouvez constater à quel point il occupe toute la moitié du terrain adverse.

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Un pressing plus haut, plus rapide

Avec Lolo, l’objectif semble être de garder en permanence le bloc de l’équipe le plus haut possible pour récupérer rapidement le ballon et profiter au maximum de la possession tout en ayant la possibilité d’exploiter une défense adverse pas encore replacée.

En exemple ici, une montée très rapide de Verratti sur Kondogbia dans la moitié de terrain adverse. Etant le joueur le plus proche du ballon, il s’assure tout de suite que son adversaire n’arrive pas à s’orienter dans le sens du jeu, quitte à laisser un vide de 20 mètres derrière lui.

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 On verra donc souvent les milieux parisiens monter très haut en pressing, jusqu’au gardien adverse. Il y a une préférence dans l’organisation défensive cette année à forcer nos adversaires à se débarrasser vite du ballon, quitte à laisser des espaces derrière soi plutôt que de prendre le temps de se replacer et d’attendre l’adversaire, comme ça a pu être le cas l’an passé, quel que soit le système.

Avec 62% de possession pour le moment en Championnat, dont 55% contre Monaco, on peut dire cette stratégie de confisquer le ballon est pour le moment efficace.

Des ailiers qui reviennent très bas

Le dernier changement principal que l’on peut observer vient surtout de l’impact défensif des ailiers. Carlo aimait laisser 2 joueurs loin devant un piston entre les deux pour accélérer les attaques dès la récupération du ballon. On devrait voir plus de présence défensive avec Cavani et Lavezzi sur les côtés. Vu le profil des joueurs, ce n’est pas sur qu’il s’agisse d’une consigne tactique mais plus d’un engagement volontaire et permanent de nos deux anciens napolitains comme on peut le voir ici sur une première ligne défensive parfaitement alignée de 5 joueurs (seul Matuidi redescend pour empêcher Ocampos de jouer entre les lignes).

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Motta, première recrue

Pour finir, il faut noter la performance dans l’entrejeu de Thiago Motta. Un de nos gros soucis l’an dernier avec ce milieu à trois était notre incapacité à tenir le bloc équipe haut, c’est ce qui a forcé le passage au 4-4-2 lors du match contre Porto en LDC. Hors, depuis le début de la saison, Thiago Motta tient le coup physiquement et avec du temps de jeu régulier, il est probablement à son meilleur niveau depuis son arrivée. Précis dans ses passes, calme dans la conservation, son intelligence de jeu nous permet vraiment de dicter le tempo du match et la hauteur du bloc parisien. Si Verratti possède des qualités très similaires à celles de Motta, notamment dans la technique de passe, il lui manque encore la compréhension du jeu qui lui permet de gérer un groupe complet sur le terrain.

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Son match contre Monaco est typique de ce qu’il apporte à l’effectif : En venant chercher les ballons très bas, il organise le jeu et remonte  le 11 parisien par un jeu de passes dont la grande majorité (70%) est dirigée vers l’avant. Par contre, on le verra peu dans les 30 derniers mètres. Il laisse en effet le soin aux autres milieux de se projeter vers l’avant  et se concentre principalement sur la distribution puis la récupération du ballon.

Dans l’ensemble, si l’animation offensive peut retrouver quelques similarités avec le jeu que l’on avait l’an dernier, on sent la vraie volonté d’avoir un collectif plus impliqué sur les phases défensives mais aussi d’utiliser le Zlat dans la construction du jeu. Les cadres de l’an passé font pour le moment le boulot et on devrait voir de plus en plus les nouveaux s’intégrer, en commençant par Marquinhos suite à la blessure de ThiagoSilva. Il faudra pour Laurent Blanc réussir à gérer la rotation de son effectif car on sent un onze type prendre place alors que beaucoup de joueurs de grand talent sont sur le banc. Une question majeure se pose encore pour Pastore qu’il a réessayé d’aligner en pointe du milieu pour dynamiser le jeu, un échec pour le moment, comme avait pu le connaitre son prédécesseur.

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