Özil, à quand le bureau des légendes ?

Dans le football moderne, rares sont les vrais n°10. Dotés d’un sens du placement impeccable, d’une vision du jeu exceptionnelle, techniquement au-dessus des autres, et capables d’orchestrer le jeu de leur équipe. De ceux qui font la beauté et l’âme du football. Aujourd’hui, si un joueur devait incarner ce poste « à l’ancienne », ce serait probablement Mesut Özil.  

Özil, la découverte

Le grand public l’a découvert lors de la Coupe du Monde 2010. À 21 ans, le jeune meneur de jeu du Werder Brême était déjà titulaire de la Nationalmannschaft de Joachim Löw. Parfaitement inséré dans le collectif rodé de l’Allemagne, son style de numéro 10 « à l’ancienne » étonne autant qu’il impressionne. Éblouissant d’intelligence de jeu et de sens de la passe, Özil termine la compétition avec 3 passes décisives pour 1 but, mais surtout avec un nouveau statut : celui de futur crack du football allemand, et bientôt du football mondial.

Le grand saut au Real

Après 4 saisons en Bundesliga, à Schalke 04 puis au Werder Brême, le jeune allemand s’envole au Real Madrid pour confirmer les étincelles aperçues lors de la Coupe du Monde.
Il restera 3 saisons chez les Merengue, durant lesquelles il sera tantôt un titulaire indiscutable, tantôt un remplaçant de luxe. Alternant l’excellent et le moyen, Mesut Özil reste cependant constant dans son domaine de prédilection : la passe.

Un joueur royal.

Auteur de 17, 16 puis 15 passes décisives sur ses 3 saisons en Espagne, l’allemand confirme ses qualités de vision du jeu et de passeur hors pair.
Malgré une excellente saison 2012-2013 sur le plan personnel, l’arrivée au club de Gareth Bale pour un montant stratosphérique provoquera en partie son départ du club.

Alors au top de sa forme, Özil rejoint Arsenal à l’été 2013.

Un joueur trop Gunner

Les choix paraissent alors logiques et bien pensés : Özil rejoint un club adapté à son style de jeu et une équipe qui joue chaque année la Ligue des Champions, quand Arsenal recrute un top player, dans le but d’enfin passer un pallier sur le plan national, mais aussi international.
Mesut Özil s’adapte rapidement dans une équipe bâtie pour jouer en redoublement de passes. La greffe semble prendre, et même peut-être trop bien.

Özil, c’est un joueur qui va apporter un énorme plus, quelque chose de brillant, de génial parfois à une équipe qui tourne déjà bien. Mais il ne sauve rien tout seul, à cause de la nature de son jeu, qui est tournée vers le service d’autres joueurs. Tout dépend des gens qui l’entourent sur le terrain.

@LePereFidalbion, twitto supporter d’Arsenal

Car tout comme Arsenal, Mesut est irrégulier. Tout comme Arsenal, Mesut ne sort pas de sa zone de confort. Tout comme Arsenal, Mesut déçoit. Non pas en terme de prestations pures, qui peuvent être très bonnes, mais au vu du relatif gâchis de son immense talent. Durant cette période, ni lui ni le club n’atteignent réellement le rang escompté. Car même si la meilleure saison en Premier League de l’allemand en 2015-2016 (19 passes décisives) coïncide avec le meilleur classement du club depuis 11 ans (Arsenal finit 2ème), il persiste toujours ce goût d’inachevé.

Cette année, alors que l’équipe est sur la pente descendante et lutte pour accrocher la 4ème place, Mesut Özil réalise une saison correcte : 8 buts et 7 passes en championnat.
Oui, Özil est vraiment un gunner : irrégulier et soumis à un plafond de verre, qu’il se construit probablement lui-même.

Le futur

Aujourd’hui, que doit faire le milieu allemand ? Rester à Arsenal où il semble s’engluer dans un niveau de jeu trop périodiquement excellent ? Changer de club et se mettre en danger pour réveiller peut-être l’immense joueur qui sommeille en lui ?

Pouvant être délicieusement efficace en Allemagne, en Espagne, puis en Angleterre, il semble qu’Özil puisse s’intégrer dans n’importe quel championnat. Mais son inconstance et son manque de leadership pourraient l’empêcher de viser une place de titulaire dans un immense club européen comme le Real Madrid, le FC Barcelone ou encore le Bayern.

Mais si Özil ne doit qu’à lui-même ses baisses de régime, un joueur tel que lui ne peut se passer de jouer la plus grande compétition européenne. Si Arsenal était abonné à ces places qualificatives durant des années et des années, la chute relative du club pourrait envoyer un signal à Mesut : il est peut-être temps de changer d’air. Vers une équipe joueuse, qualifiée en Ligue des Champions, ambitieuse et où il pourrait avoir le statut de star.

L’AS Monaco, par exemple ?

La patte de l’expert.

Si le potentiel d’un joueur ne signifie pas forcément grand chose, il en signifie tant dans le cas du meneur de jeu allemand. Lui qui nous a parfois tant émerveillés, jusqu’à nous faire replonger dans le football des années 70 et 80, où l’intelligence de jeu primait sur les capacités physiques. Son élégance, sa vision du jeu et ses passes aussi belles qu’intelligentes sont tout aussi merveilleuses que son inconstance est navrante. 

Car bien plus qu’avec Marvin Martin, nous passons peut-être à côté du réel « nouveau Zidane ».

Fernando Trodgraisse

Fernando Trodgraisse

Rédacteur sur MotherSoccer chez Mother Soccer
Une-deux entre Toulouse et Liverpool, l’esthétisme d’Özil et la hargne de Ninkov, l’analyse et la bêtise. Rajon Rondo du ballon rond.
Fernando Trodgraisse

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2 Discussion to this post

  1. Asan dit :

    Magnifique article! Merci

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