Parme et reviens vite

Quand un club disparaît du monde du football, c’est toujours un véritable déchirement. En France, des clubs comme Sedan, Le Mans ou Evian-Thonon-Gaillard (à divers degrés) font partie de ceux-là. Une catastrophe pour les fans, pour les salariés, mais aussi pour l’activité économique et culturelle de la ville et de la région. Si ces exemples concernent ici des clubs peu prestigieux, la même tragédie peut également toucher une institution du football. Petit tour du côté de Parme, club italien mythique des années 1990. 

Chute à l’arrière !

La descente aux enfers récente de Parme débute en fait en 2003, suite à la faillite de l’actionnaire Parmalat.  Alors que les problèmes financiers sérieux se multiplient, le club d’Émilie-Romagne alterne entre qualification européenne et saison galère, pour être finalement relégué sportivement en Serie B en 2008. Mais l’équipe n’y reste qu’une saison, terminant 2ème du championnat et remontant donc directement en Serie A. Le retour dans l’élite est un succès, puisque les Gialloblù se classent en 8ème position, ratant de peu une qualification européenne. Parme semble alors revenu durablement au top du football italien, et finit même la saison 2013-2014 à la 6ème place. Une vraie réussite !

Malheureusement, la maladie qui rongeait le club depuis de longues années s’est brutalement réveillée. Malgré sa qualification sportive en Ligue Europa, Parme n’est pas autorisé à participer à la compétition en raison d’un impayé et du non respect des règles du fair-play financier. Tel des déchets enfouis trop longtemps sous le sol, tout remonte à la surface, et le club ne peut survivre à des années de gestions calamiteuses, entre faillite et successions douteuses d’actionnaires et de présidents.

En 2015, ce club historique se retrouve en Serie D.

Une lourde peine.

 

Quelle histoire ! 

Pour comprendre le cataclysme de voir une telle équipe sombrer, il faut se pencher en arrière. En seulement 10 ans, de 1992 à 2002, Le Parma Football Club a remporté 8 trophées, soit tous ceux de son histoire. 3 Coupes d’Italie, 1 Super coupe, 2 Coupes de l’UEFA, 1 Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe et 1 Super coupe d’Europe. Un palmarès impressionnant en si peu de saisons, qui en a fait durant cette belle décennie 90 l’un des clubs les plus en vue en Europe.

Beaucoup de futurs très grands joueurs ont porté ce magnifique maillot jaune et bleu : Buffon (formé au club), Lilian Thuram (vainqueur de la Coupe du Monde et de l’Euro pendant sa période parmesane), Cannavaro (futur champion du monde et ballon d’or), Zola (l’artiste ultime de l’équipe) ou encore Crespo (93 buts en 198 matchs). Il est vrai qu’une équipe de la fin des années 1990 composée – en partie – d’un colonne Buffon, Thuram, Cannavaro et Crespo, ça a une sacrée gueule.

Bellissima.

 

Lève-toi et marche

Lors de son arrivée soudaine en Serie D, le club est repris par des industriels de la région et change d’identité pour le Parma Calcio 1913.  Si certains puristes peuvent estimer que « le nouveau Parme » n’est en rien le même club que celui qu’ils ont connu et aimé, désormais « mort et enterré », d’autres peuvent se réjouir de la renaissance d’un club parmesan, et assimiler le Parma Calcio 1913 comme étant une simple évolution de la même entité. Chez MotherSoccer, nous préférons clairement la deuxième option, bien plus romantique d’un football qui renaît toujours de ses cendres.

Le « nouveau Parme » en Serie D.

Vous voulez une preuve ? La voici : alors figurant en 4ème division en 2015, le club remonte immédiatement la saison suivante en Serie C, puis réédite cette performance en revenant dans le monde du football professionnel dès la saison suivante, en Serie B. Si une troisième montée d’affilée serait un exploit inouï, le promu Parme se trouve aujourd’hui en solide 8ème position, possédant la deuxième meilleure défense du championnat, et à seulement 6 points de la 3ème place ! Avec un seul joueur ayant connu le meilleur niveau italien (Alessandro Lucarelli, 40 ans et 300 matchs de Serie A), les parmesans doivent bien évidemment d’abord penser à se stabiliser durablement en deuxième division avant de penser à retrouver la Juventus, l’Inter Milan ou la Fiorentina. Afin de notamment prendre le temps de se sécuriser sur le plan financier. En outre, pas de folie : car comme le dirait parfaitement Thomas N’Gijol : « l’expérience prouve que », eh bien prouve que tout peut s’écrouler d’un coup.

 

Le football est imprévisible. Il peut avaler tout cru un être fait de chants et de trophées, le brûler ou le jeter pour mort, puis le ramener doucement à la vie, avant de lui tendre gentiment la main.  À l’image de ce qu’a fait Strasbourg, et tel un phénix, Parme renaît de ses cendres. Si rien n’est tout à fait acquis, le temps nous offrira peut-être bientôt un club redevenu place forte du football italien.    

Fernando Trodgraisse

Fernando Trodgraisse

Rédacteur chez Mother Soccer
Rajon Rondo du ballon rond.
Fernando Trodgraisse

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