Pourquoi le football c’était mieux avant ?

Si tu lis ces lignes, c’est que ce titre un brin « vieux con » a trouvé écho dans ton âme nostalgique du football d’antan. Rassure toi mon grand, chez Mother Soccer, nous pensons que tu n’as pas tout à fait tort et que certaines choses n’auraient pas du changer.

 

Le football a laissé place aux footballeurs

Ne te donne pas une migraine à essayer de décrypter ce titre, je vais t’expliquer le fond de ma pensée. À l’heure où j’écris ces lignes, la planète football s’est enthousiasmée pour la Coupe du Monde brésilienne durant laquelle des collectifs ont réussi à terrasser des joueurs stars. Il y a également James Rodriguez, la pépite colombienne qui vient de faire ses valises pour Madrid et la tenue immaculée des merengue.

James prends une volée directe pour Madrid

James prends une volée directe pour Madrid

Mais cela ne suffit pas à estomper l’arrière goût amer que me laisse le football d’aujourd’hui.
Dans un sport de plus en plus économique et dicté par les enjeux publicitaires, les individualités prennent le pas sur le collectif. Ainsi, et à l’image du Ballon d’Or, les performances d’un seul homme (Messi, Ronaldo…) font figure d’idée fixe guidant les recrutements, schémas tactiques et philosophies de jeu de nombreuses équipes.

À mon grand regret, ce culte de l’individualité a enterré le football, le vrai. Celui que l’on pouvait qualifier d’art collectif, celui des enganches et des équipes stars (plutôt que des équipes de stars). Oula, je vois certains regards perdus se demandant ce qu’est un enganche. Petit cours de rattrapage. Souvent sud-américain, ce joueur est au football ce que le chef d’orchestre est à la musique. Pour ne citer qu’eux, Maradona, Platini ou encore Johann Cruyff sont les illustres représentants de la profession. Aujourd’hui, ce joueur a malheureusement été sacrifié sur l’autel du football moderne et de ses individualités spectaculaires. Et dans le même temps, c’est une grande partie de la poésie du football qui s’en est allée…

Platini & Maradona

La dictature du spectacle face à la beauté du jeu

Loin de moi l’idée de vouloir faire passer le football actuel pour un sport dénué de spectacle. Mais cette recherche extrême du spectacle a pour effet de le vider de sa substance : le beau jeu.

Pour comprendre la nuance, il est intéressant de comparer deux joueurs qui représentent deux époques différentes : Messi et Maradona. Cette comparaison a notamment été sur toutes les lèvres durant le mondial et les fans de foot n’ont de cesse de situer le petit argentin par rapport à son illustre ainé. Au risque de te décevoir, je ne vais pas te donner la réponse implacable à ce débat interminable, bien au contraire… Selon moi, le débat n’a même pas lieu d’exister : Maradona avait 3 Messi dans chaque orteil, et surtout dans chaque neurone (oui oui).

Messi est un phénomène capable de débloquer n’importe quel match sur une action, un dribble, une invention dont il a le secret. Mais Maradona avait, en plus, cette façon de lire le jeu. Il revenait chercher les ballons, savait quand et comment temporiser ou accélérer et faisait jouer ses coéquipiers en profitant de l’attention particulière que lui portaient ses adversaires. Là ou Messi se contente souvent (toujours ?) d’attendre d’être servi dans les 30 derniers mètres afin de tuer l’adversaire. Ce parallèle entre les deux phénomènes argentins traduit parfaitement l’évolution du football. On s’aperçoit qu’à l’époque de Maradona, l’individualité, si géniale soit-elle, n’était qu’un maillon du collectif. La leitmotiv était alors de jouer au football, et de développer du beau jeu en utilisant toutes les caractéristiques de tous les joueurs. Aujourd’hui, l’exemple de Messi est universel. Il s’agit de construire une équipe autour d’un phénomène et de la faire jouer pour lui, pour lui permettre de briller, de faire gagner, de marquer des buts, et éventuellement de remporter le Ballon d’Or.

Cette nouvelle vision du football s’est propagée et se ressent à tous les niveaux. Ainsi, alors que nos prédécesseurs enseignaient qu’un dribble, si spectaculaire soit-il, était inutile s’il se faisait au détriment d’une passe, aujourd’hui, un joueur qui veut sortir du lot doit enchainer les dribbles et faire la différence à lui seul.

Le football vit sous la dictature du spectacle et de l’individualisme… Le beau jeu est mort, vive le beau jeu.

 

 

Didier Déchante

Didier Déchante

Supporter de l'OM (c'est dire la santé du bonhomme), je considère donc par définition que le foot n'a rien de sérieux... sauf quand il est joué sur un terrain réel ou virtuel. Amoureux du beau jeu dicté par Zidane, Maradona ou encore Gattuso (what ?), je compense mon manque de talent par un jeu de doigts faisant merveilles sur un clavier.
Didier Déchante
Mathieu Lecomte

Supporter de l'OM (c'est dire la santé du bonhomme), je considère donc par définition que le foot n'a rien de sérieux... sauf quand il est joué sur un terrain réel ou virtuel. Amoureux du beau jeu dicté par Zidane, Maradona ou encore Gattuso (what ?), je compense mon manque de talent par un jeu de doigts faisant merveilles sur un clavier.

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2 Discussion to this post

  1. toto dit :

    Le différence c’est que dans le foot moderne comme tu dis y a des joueurs comme Iniesta, Xavi pirlo.. et même plus jeunes comme pogba qui font des différences et font jouer leurs coéquipier avec des messi Ronaldo James falcao ou encore suarez (sauf que maintenant oui on ne parle que des attaquant qui marque 30but par saison).. qui plante des buts et font du spectacle.. pour moi le foot d’hier n’a rien comparable à aujourd’hui.. plus les même entraînement plus les même préparation physique..

  2. Bonjour Toto,

    Merci pour ton commentaire. Il semble que nous soyons au final totalement d’accord. Le football a énormément changé et est un sport totalement différent. Précisons tout de même que le titre de cet article, un brin vieux con et provocateur est caricatural et introduit simplement une réflexion sur une certaine âme du football d’antan que l’on a beaucoup de mal à retrouver actuellement.

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