Quel est le réel problème des arbitres ?

La Ligue 1, c’est bien connu, n’est pas un championnat majeur d’Europe, et l’est de moins en moins, au vu de notre très sévère régression par rapport à la Russie ou au Portugal. Nous parlons ici de l’aspect purement sportif. Les commentaires négatifs concernant le niveau de notre football s’accumulent, et de ce côté – une fois n’est pas coutume – nos consultants semblent être sur la même longueur d’onde. Et dans cet article nous n’allons pas arranger les choses. Mais nous allons nous intéresser spécialement à nos chers arbitres. Non pas pour leurs innombrables mauvaises décisions, mais pour leur comportement.

Un comportement rigide

L’image qui saute aux yeux quand on regarde un match d’un championnat français, c’est celle d’un arbitre peu souriant, même froid, qui se tient bien droit, la tête haute, et qui serre les mains de façon solennelle lors du protocole d’avant-match. Une façon un peu spéciale de souhaiter bon match et de montrer qu’il va prendre du plaisir sur le terrain… Déjà, les minutes avant le coup d’envoi annoncent l’atmosphère qui régnera autour de l’homme en jaune, ou en noir, enfin peu importe !
Ensuite, durant le match, les choses ne s’améliorent guère : des coups de sifflet en veux-tu en voilà, des gesticulations aussi théâtrales qu’inutiles (le « je ne veux plus voir ça » en croisant les bras), des regards limite hautains… Ce comportement ne semble pas être normal, dans le sens où un vrai bon arbitre ne gueule pas pour se faire respecter, où il n’agite pas ses bras dans tous les sens. Nos chers « referees » auraient-ils peur ? On pourrait se poser la question, tant leur comportement ressemble à celui de quelqu’un qui veut suivre les ordres à la lettre, de peur d’être fortement réprimandé.

T'as vu ma posture mon gars ? Droit comme un "i" !

T’as vu ma posture mon gars ? Droit comme un « i » !

Un manque de dialogue avec les joueurs

Les gros plans effectués sur les arbitres ne plaident souvent pas en leur faveur. Même pour des fautes « mineures », nous pouvons les voir siffler violemment, demander au joueur qui se trouve à 3 mètres d’eux se rapprocher encore plus, faire des gros yeux sévères, brandir fièrement leur carton… Les arbitres français, pour la grande majorité, ont semble-t-il besoin de jouer ce rôle de surveillant en chef. « Le Bouillon ». Ils se sentent obligés d’exercer une autorité souvent trop marquée et pas nécessaire.
Cette attitude n’améliore évidemment pas leur image, et peut expliquer la méfiance qu’ont les joueurs envers « le maître du temps et du jeu ». Les arbitres ne semblent pas ouverts à la discussion, quelques fois même avec le capitaine, qui pourtant est, selon la règle, le seul à pouvoir dialoguer avec lui. De quoi faire monter les tensions ?

Oui, voilà, monsieur l'assistant vous êtes mauvais. Sortez maintenant

Oui, voilà, monsieur l’assistant vous êtes mauvais. Sortez maintenant

Pourquoi chez nous ?

Alors certes, de trop nombreuses fois les joueurs dépassent les limites. Des insultes, des regards, des gestes… Mais ces attitudes ne sont pas seulement présentes en France. En Italie, en Allemagne, ou surtout en Angleterre, les insultes et les chambrages ne sont pas moins présents que dans l’hexagone, et surtout pas moins violents. Mais les arbitres paraissent plus sereins. Ils sont plus « dans le jeu », leur approche psychologique est meilleure que chez nos arbitres. Regardez de plus près les matchs en Angleterre : ils sourient, ils sont plus proches des joueurs, ils acceptent plus le dialogue (alors que l’engagement – parfois dangereux – est 100 fois plus fort qu’en ligue 1 !) …

Et, bizarrement, tout se passe mieux. Niveau foot et niveau ambiance, sur et en dehors du terrain.

Bon, parfois ils sont quand même drôles nos arbitres...!

Bon, parfois ils sont quand même drôles nos arbitres…!

Quelles solutions ?

Faut-il s’inspirer des autres sports ? Qu’aurions-nous à apprendre de leur mode d’arbitrage ? Nous pourrions prendre l’exemple de notre meilleur ennemi, le rugby. Ici, les arbitres sont sans doute ceux qui se font le plus respecter dans le monde du sport collectif (oui, malgré leur petite taille). Ce respect, les arbitres le « reçoivent » car eux-mêmes respectent les joueurs, en étant à la fois fermes dans les décisions importantes, mais aussi conciliants. Ils parlent beaucoup aux joueurs, de quoi alimenter un rapport sain.

La vidéo, qui reste un sujet épineux et controversé, pourrait cependant bien être utile au bien-être des arbitres de foot. Les pressions qu’ils subissent sont, il faut le concéder, disproportionnées. Alors quand un arbitre doit en quelques microsecondes dire si le but est valable ou non, et que finalement il se rend compte trop tard qu’il a pris la mauvaise décision, il sent monter la tension. Il y a alors un risque de compensation (ridicule), et il devient alors plus nerveux. Et les joueurs et le jeu lui-même en pâtissent.

Pour que les arbitres puissent améliorer notre magnifique sport, il semble donc primordial qu’ils fassent un travail personnel, en étant plus flexibles et ouverts. Mais il faudrait sans doute aussi qu’ils reçoivent de l’aide, pourquoi pas technologique, de manière à améliorer leurs décisions, et par extension l’ambiance sur le terrain.

 

 

Fernando Trodgraisse

Fernando Trodgraisse

Rédacteur chez Mother Soccer
Rajon Rondo du ballon rond.
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