Red Star – Marseille Consolat : On a assisté à l’autre Classico

Loin, très loin du clinquant du nouveau Stade Vélodrome et des pétrodollars du Parc des Princes, le Red Star 93 et Marseille-Consolat s’affrontaient à Saint-Ouen à la fin Septembre. Bien plus qu’un simple match de National, il s’agit de l’autre Classico, l’autre match Paris contre Marseille. Mais là où le PSG et l’OM se disputent la suprématie nationale, les deux-clubs amateurs tentent plutôt de sortir des affres de la troisième division, un autre monde. Voyage au cœur d’un match où se croisent spectres du passé, stade d’une autre époque et espoirs pour l’avenir.

A la sortie de la Ligne 13 du métro parisien, le chemin n’est plus très long pour rejoindre le Stade Bauer, antre du mythique Red Star. Ce qui est plus surprenant, d’autant plus pour un club de troisième division, c’est cette atmosphère qui se dégage des rues adjacentes à ce qu’il convient d’appeler officiellement Stade de Paris. En face de l’entrée principale et de la billetterie d’un autre temps, les supporters ont leurs habitudes à l’Olympic, le traditionnel bar du club.
Car plus qu’une simple équipe de football, être supporter du Red Star est avant tout un état d’esprit. Ici, on ressent tout le poids de l’histoire, et les gens présents ce soir-là défendent une manière de vivre, une vision du monde propre au Red Star, qui va bien plus loin des tendances d’extrême gauche du noyau dur des supporters du club.

Le Stade Bauer en lui-même est une curiosité. De dehors, il semble vieillissant tant les murs sont défraîchis. Quelques vitres brisées ici et là renforcent ce sentiment
Cette impression est accentuée au moment où l’on prend place dans les tribunes. Le stade semble construit de bric et de broc, un peu comme si il était abandonné mais revivait miraculeusement toutes les deux semaines, à l’occasion d’un match. Sensation étrange mais qui fait sûrement partie du mythe de ce club.

Actuellement, seules deux tribunes sont ouvertes ou public (une et demie en fait), le virage ouest étant fermé depuis la tempête de 1999. Pas sûr qu’elle rouvre un jour vu son état de délabrement avancé…
L’absence d’une autre tribune virage à l’est, pour laisser place à un immeuble d’habitations renforce cette sensation de se trouver dans un lieu hors du temps.

Un kop à l'anglaise qui fait du bruit...

Un kop à l’anglaise qui fait du bruit…

On sent que les spectateurs sont tous des habitués, comme une grande famille en somme.  D’autant plus que ce soir, le match contre Marseille-Consolat est un pas important pour le club francilien. Afin de retrouver la seconde division, le Red Star doit engranger le maximum de points à domicile.
Et ça, les spectateurs l’ont bien compris ! Pour être honnête, le kop de supporters est impressionnant. Les mecs chantent tout au long du match.
Ici, l’ambiance n’a rien à envier à n’importe quel club de L1 voire à un stade britannique. C’est spectaculaire, ça sent le football et c’est vraiment agréable de vivre ça, surtout pour un match de National.

Sur le terrain, le niveau est celui d’un match de troisième division, ni plus, ni moins. Ça joue fort, mais on est bien loin de la deuxième division, objectif annoncé du Red Star. Pour ce, les hommes de Sébastien Robert se sont donnés les moyens. Cet été, David Bellion, ancienne gloire de Nice puis perdu à Bordeaux a rejoint les rangs du club. Une arrivée de marque dans un championnat qui manque cruellement de reconnaissance malgré un niveau loin d’être horrible.

Dès la 25e minute d’un match à couteaux tirés, c’est Marseille qui ouvre le score, un peu contre le cours du jeu, par l’intermédiaire d’Anthony Arlaud. Pas de quoi décourager les quelques 300 supporters du kop qui chantent à gorge déployée jusqu’à la fin d’une première mi-temps de plus en plus décousue.
Dès l’entame du second acte, le Red Star pousse de plus en plus, au point de s’emmêler à plusieurs reprises lors d’attaques pourtant bien avantageuses. Marseille a même l’occasion de doubler la mise, c’est Vincent Planté, au prix d’un arrêt de grande classe qui empêche les phocéens de s’envoler.
Malgré tout, c’est le défenseur Rémi Fournier qui va aller arracher l’égalisation.
Un partout, score final, un résultat qui n’arrange finalement personne. Le Red Star a besoin de points pour espérer monter en seconde division, même topo côté marseillais pour se maintenir dans cette division qu’ils découvrent.

Red-Star-Marseille-Consolat-par-Mother-Soccer

A la sortie du stade, les spectateurs sont pris d’assaut par plusieurs sentiments. Vivre un match au Stade Bauer c’est être hors du temps pendant près d’une heure et demie. Ce stade et toute l’atmosphère qui l’entoure est particulière, mais surtout, de plus en plus rare dans le football actuel.
Malgré tout, le stade Bauer est en grand danger. De nombreux projets urbanistiques prévoient un nouveau stade près des docks de la ville. Les supporters sont inquiets de perdre cette ambiance qui fait la renommée du club.
Malgré tout, le Red Star est actuellement en très bonne position puisqu’en zone de promotion vers l’échelon supérieur. Une ascension qui pourrait faire le plus grand bien au club. C’est tout le mal qu’on leur souhaite…

Cette montée en Ligue 2 passe par un gros match face au RC Strasbourg ce vendredi ! Mother Soccer vous fait d’ailleurs gagner des places ici ! Pour ceux qui n’auront pas la chance de remporter les précieux sésames, on vous invite vivement à venir profiter d’une ambiance qui s’annonce folle, à nous rencontrer et à assister à la renaissance du Red Star, l’autre grand club de Paris !

Walter Panzani

Responsable des publications chez Mother Soccer
Apôtre du beau-jeu et de la blessure gratuite, je pense que si le ballon peut passer, ce n’est pas forcément le cas du joueur. Valenciano depuis plus de quinze ans, j’ai souffert de voir Marius Stankevicius défenseur central de mon équipe. Passionné par le monde des ultras et par le football de l’ancien bloc de l’est, j’aurais bien envie de craquer un fumi dans un kolkhoze.
Walter Panzani

Apôtre du beau-jeu et de la blessure gratuite, je pense que si le ballon peut passer, ce n’est pas forcément le cas du joueur. Valenciano depuis plus de quinze ans, j’ai souffert de voir Marius Stankevicius défenseur central de mon équipe. Passionné par le monde des ultras et par le football de l’ancien bloc de l’est, j’aurais bien envie de craquer un fumi dans un kolkhoze.

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