REPORTAGE – Porto Alegre, une ville, un derby et une Coupe du Monde

Dimanche soir, Karim Benzema ne savait sûrement pas qu’il avait nettoyé les filets d’un stade mythique dans la championnat brésilien. La ville de Porto Alegre accueille en effet l’un des plus grands derbys du pays. Ville de football par excellence, elle ne jure que par Neymar et sa bande ! Mother Soccer était en immersion au cœur du football brésilien.

Porto Alegre est une ville qui respire le football. En offrant à la ville la possibilité d’accueillir des matchs du mondial brésilien, la FIFA ne s’est vraiment pas trompé. C’est ici, au croisement de quatre pays (Paraguay, Uruguay, Argentine et donc Brésil) que l’équipe de France a disputé le week-end dernier son match contre le Honduras (3-0).
Mais avant d’être une ville du Mondial, Porto Alegre est avant tout synonyme de derby. Et celui opposant Grêmio et l’Internacional est bien l’un des plus chauds d’Amérique du Sud. Le Grenal (contraction des noms des deux clubs) est un match à part. Dans une ville grande comme quatre fois Paris, le football a un impact incroyable et cela se ressent à quasiment tous les coins de rue.
En flânant au cœur du centre historique, il n’est pas rare de croiser des personnes vêtues du maillot noir et bleu de Grêmio ou rouge de l’Internacional. Cette passion se retrouve jusque dans les tags sur les murs d’à peu près toute la ville…

Le maillot de l'Inter, visible un peu partout dans la ville

Le maillot de l’Inter, visible un peu partout dans la ville

Grêmio-Internacional, le derby star de la ville de Porto Alegre

Historiquement, ce derby est marqué par une différence de classe sociale entre les deux clubs. Comme a chaque fois, il existe un club riche, le Grêmio, fondé par les colons italiens et qui refusait les hommes de couleurs dans ses rangs. De l’autre, l’Internacional est métissé, c’est le club du peuple qui accueillait auparavant tous les recalés de Grêmio.
A l’approche de ce match, la ville ne parle plus que de cela. En discutant avec des supporters dans la ville, nous nous sommes rendus compte que plus qu’une ferveur, cette rencontre pouvait prendre la place de cérémonies religieuses dans leur cœur. Dans un pays ultra-catholique, cette comparaison fait encore plus sens…
Au point de vue sportif, ce derby existe depuis 1909. Au tableau des victoires, c’est l’Inter qui est devant avec 145 victoires, 20 de plus que Grêmio…

Football et religion, la frontière est parfois bien mince...

Football et religion, la frontière est parfois bien mince…

Porto Alegre, une ville unie derrière le Brésil

Durant la période du mondial, les rivalités semblent avoir été rétrogradées au second rang. Bien sûr, de nombreuses personnes se promènent avec le maillot de leur équipe fétiche, mais tout le pays semble avoir fait l’union sacrée derrière son équipe nationale.
Pas un bâtiment, pas une voiture ne semble pas décorée aux couleurs du plus grand événement de l’année dans cet immense pays. Aux alentours du stade, on peut s’en rendre compte par la présence des centaines de vendeurs ambulants qui proposent drapeaux, maillots et sifflets en tout genres.
Dans le stade, lors du match de l’équipe de France, il semble y avoir plus de maillots jaunes que bleus. Les brésiliens se passionnent pour le football quel qu’il soit. La partie se disputait dans le stade de l’Inter mais quelques tuniques de Grêmio étaient visibles ici et là. Seul vrai moment de militantisme, à plusieurs reprises, les supporters de l’Inter ont entonné en plein match des chants à la gloire du club de leur cœur. Après tout, c’est quand même leur stade !

Tout le brésil s'équipe pour son Mondial

Tout le brésil s’équipe pour son Mondial

Porto Alegre, symbole du football universel

Que restera-t-il de la Coupe du Monde une fois l’événement passé ? Porto Alegre aura la chance d’avoir dans sa ville deux stades flambants neufs pour leurs équipes. Bien que ce Mondial n’utilise que celui de l’Inter, celui de Grêmio pourra servir pour les Jeux Olympiques.
Logiquement, la vie footballistique de la ville devrait très vite reprendre ses droits. Mais on peut désormais être sûrs que Porto Alegre et son fameux Grenal sera suivi attentivement par les centaines de supporters français ayant fait le déplacement jusqu’ici !

Walter Panzani

Responsable des publications chez Mother Soccer
Apôtre du beau-jeu et de la blessure gratuite, je pense que si le ballon peut passer, ce n’est pas forcément le cas du joueur. Valenciano depuis plus de quinze ans, j’ai souffert de voir Marius Stankevicius défenseur central de mon équipe. Passionné par le monde des ultras et par le football de l’ancien bloc de l’est, j’aurais bien envie de craquer un fumi dans un kolkhoze.
Walter Panzani

Apôtre du beau-jeu et de la blessure gratuite, je pense que si le ballon peut passer, ce n’est pas forcément le cas du joueur. Valenciano depuis plus de quinze ans, j’ai souffert de voir Marius Stankevicius défenseur central de mon équipe. Passionné par le monde des ultras et par le football de l’ancien bloc de l’est, j’aurais bien envie de craquer un fumi dans un kolkhoze.

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2 Discussion to this post

  1. Cendres ROGER dit :

    Ce reportage parle que de foot allez bien vous faire enculer

    • Cendres ROGER dit :

      Je suis vraiment désolé, j’étais sur les nerfs, je ne me rendais pas compte de ce que j’étais en train d’écrire (en fait j’étais sous l’effet de la drogue ET l’alcool en même temps du coup voilà). Je m’excuse encore

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