Scotland, demain difficile

L’Écosse est une nation historique du football.

Non, elle n’a gagné aucun championnat d’Europe, ni aucune Coupe du Monde. Mais le fait d’avoir disputé face à l’Angleterre le premier match international officiel suffit à la faire entrer dans la légende de ce sport. Depuis ce 30 novembre 1872, date du début de la carrière de Francesco Totti, qu’est devenue la « Tartan Army » ? Alors que les ennemis jurés anglais ont eu quelques occasions de briller dans des tournois internationaux, les écossais n’ont pas eu la même réussite.

L’histoire

 

Le bilan sportif de la sélection de football écossaise ne se calcule pas en trophées, mais en participations : huit phases finales en Coupe du Monde, et deux en Championnat d’Europe. Si le nombre de participations en Coupe du Monde n’est pas ridicule, celui des apparitions en Championnat d’Europe est bien plus mitigé. Et le constat s’assombrit quand on remarque que cela fait 18 ans que l’Écosse n’a participé à aucune phase finale de compétition internationale.

Lors de sa dernière, durant la Coupe du Monde 1998 en France, l’Écosse avait fini dernière de son groupe, en prenant un seul petit point, face à la Norvège.

La sélection écossaise a réussi à participer à cinq Coupe du Monde d’affilée, de 1974 à 1990. Les quatre premières fois, elle termine troisième sur quatre de son groupe, sans réellement paraître ridicule, et juste derrière le Brésil, les Pays-Bas ou l’Union Soviétique.

Cette époque est particulièrement marquée par un joueur, sans doute le plus grand de l’histoire du pays : Kenny Dalglish. Joueur le plus capé et co-meilleur buteur de sa sélection (102 matchs pour 30 buts), deuxième du Ballon d’Or 1983, véritable légende du Celtic Glasgow et de Liverpool. Pas étonnant que la meilleure période du football écossais coïncide avec celle de « King Kenny ».

" Wish we could turn back time to the good ol' days "

« Wish we could turn back time to the good ol’ days »

En ce qui concerne l’Euro, elle y participe lors de deux successifs, en 1992 et 1996. Elle est éliminée en phase de poule, terminant également troisième (sa marque de fabrique), alors qu’elle se trouve dans les groupes des Pays-Bas et de l’Allemagne, puis des Pays-Bas et de l’Angleterre.

 

L’Écosse d’aujourd’hui

 

Attardons-nous sur les résultats récents des écossais.

Si le classement FIFA ne donne pas réellement le niveau d’une sélection par rapport à une autre, il est en revanche un indicateur. Aujourd’hui, l’Écosse se classe 57ème, derrière des nations comme l’Ouzbékistan, l’Australie, le Paraguay, ou l’Albanie.

Que ce soit pour les Coupes du Monde 2010 et 2014 et l’Euro 2012 ou 2016, le pays de Conan Doyle a toujours échoué en phase de qualification. Sans pour autant finir dans les derniers, il lui a toujours manqué ce petit quelque chose pour ne serait-ce qu’accrocher les barrages. La fois où l’Écosse en a été la plus proche, ce fut lors des qualifications pour l’Euro 2012, où elle finit à deux petits points derrière la République Tchèque, future barragiste qui réussit ensuite à se qualifier pour la phase finale. Et cela ne semble pas s’arranger, puisque aujourd’hui l’Écosse est avant-dernière de son groupe de qualification pour la Coupe du Monde 2018 en Russie, derrière la Slovénie, la Slovaquie et la Lituanie  .

Capitaine Fletcher

Capitaine Fletcher

Malgré la présence d’un joueur emblématique comme le capitaine Darren Fletcher, ou de quelques bons joueurs comme Griffiths, Forrest (Celtic) ou Naismith (Norwich), l’équipe n’arrive pas à enchaîner les bons résultats. Elle manque sans doute également d’un ou deux joueurs hors normes capables de lui faire franchir ce pallier, à l’image d’un Hamsik pour la Slovaquie.

Si l’Écosse a une présence historique sur la scène internationale que le Pays de Galles ou l’Irlande du Nord n’ont pas, aujourd’hui elle n’est plus que la dernière nation de football du Royaume-Uni. Car avec la demie-finale récente du Pays de Bale lors de l’Euro en France, ainsi que le huitième de finale de l’Irlande du Griggs cette même année, le pays est aujourd’hui plus réputé pour ses châteaux hantés et ses lochs que pour son football national.

Si rester au haut niveau international est extrêmement compliqué, et ne concerne finalement que peu de pays, le fait de ne pas réussir à faire une épopée de temps en temps pose vraiment problème. Car quand leurs pays voisins vivent sur leur histoire, ou sont en train de s’en construire une, l’Écosse ne fait rien de tout cela. Et avec un championnat faible, dominé par un Celtic Glasgow qui n’arrive pas à passer un pallier en Champion’s League, cela n’arrive en rien à nous rassurer.

2 Fletcher < 1 Kanté

2 Fletcher < 1 Kanté

Bien que leur tunique extérieure le soit, l’avenir ne semble pas tout rose chez les footballeurs du plus beau pays du monde. Une si longue disette de compétition marque les esprits. Et quand se moquer des malheurs de l’ennemi rosbeef devient votre seul grand frisson de l’année, c’est que le mal est profond.

O Flowers of Scotland

When will we see

Your players again ?

 

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