Steven Gerrard nous dit au revoir

Aucun titre de champion d’Angleterre en 17 années de professionnel et un palmarès bien fade avec l’Angleterre : tout le monde apprécie les beautiful losers, et Steven Gerrard en est probablement la preuve la plus aboutie. Alors Mother Soccer tente, tant bien que mal, de lui montrer non pas du respect, mais de l’admiration. 

Steven-Gerrard-par-MotherSoccer

Le chemin vers la légende

Il fallait bien se faire une raison. Il n’allait pas jouer éternellement. Et puis, qui sait, ce n’est peut-être qu’un au revoir. Mais c’est très dur. Un véritable déchirement. Des mecs comme ça, on n’en fait plus. Rien n’aurait pu acheter son amour du maillot. Pas même le Real Madrid. Pas même Chelsea. Surtout pas Manchester United.

C’est un moment que l’on n’ose pas imaginer. Pourtant inéluctable, certains restent dans le déni.

On se dit qu’on aimerait lui rendre ce qu’il a donné. Oh, qu’on aimerait ! Seulement voilà, lui donne, il ne reçoit pas. Il n’en a pas besoin. Il n’en a plus besoin. Après toutes ces années.

Steven « fast and furious » Gerrard

Il ne lui manquait qu’un trophée. Celui qui, pour les british, est le plus beau. Celui qui fait taire les ennemis du pub d’en face, au moins jusqu’à l’année suivante. Mais lui s’en sera finalement passé. Par plusieurs fois, il l’aura presque atteint. Mais après tout, Zouma ou Aliadière l’ont bien eu. De quoi rire de sa malchance, ou bien pleurer davantage.

Il sera quand même allé très loin, ce bonhomme. Il sera allé sur le toit de l’Europe. Il aura été admiré, encensé, récompensé. Il en aura quand même remporté pas mal, des trophées.

Capitaine courage dans un match de légende.

Capitaine courage dans un match de légende.

Des mecs comme lui, non, on en fait plus. Tellement fidèle, tellement humble, tellement solidaire, qu’on lui pardonne mille fois ses écarts, pourtant si rares. Car certains ont les jambes, certains la tête, lui a les deux. Il a même plus que cela. Il est le Liverpool des quinze dernières années. Les joueurs, les dirigeants passent, lui reste.

Tant de buts, tant de passes, qui ont forgé sa légende, et qu’une glissade moquée ne pourra jamais enlever. Tant de tacles, tant de combats, qui ont fait que nous ne pouvons que l’aimer.

Il n’existe pas un adversaire de ce monsieur qui n’ait pas du respect pour lui. Unanimement reconnu, il fait partie de ces artistes qui n’auront jamais eu la plus haute distinction personnelle. Mais il est certain que lui s’en fiche.

Le football européen perd un de ses plus beaux amoureux. Car oui, cet homme est un véritable amoureux du ballon rond, et a très certainement donné naissance à une autre génération d’amoureux du « football vrai ».

Je crois que si Liverpool perd le titre sur cette glissade de Gerrard, ce sera dans le Top 3 des drames du foot.

Il ne s’est pas encore retiré du monde professionnel, mais en quittant la Mersey pour les USA, c’est tout comme. Il fait partie des plus grands. Indubitablement. Peut-être pas techniquement au niveau des Maradona, Pelé, Zidane ou Messi. Mais le foot c’est tellement plus que cela. C’est la passion, l’amour, le don de soi, les moments décisifs, et tout ce qui est indicible. Et en ce sens, oui, il fait partie des légendes.

Liverpool v West Bromwich Albion - Premier League

Merci pour tout, monsieur l’artiste. Merci de nous avoir permis de te voir jouer avec tant de passion. Merci d’avoir été le porte-parole d’un club si merveilleux. Merci de la part de tes adversaires, d’avoir eu le privilège de t’affronter. Merci d’avoir fait rêver les jeunes et les anciens. Merci d’avoir été l’un des artisans qui ont façonné le plus beau sport du monde.

Fernando Trodgraisse

Fernando Trodgraisse

Rédacteur chez Mother Soccer
Rajon Rondo du ballon rond.
Fernando Trodgraisse

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