Vivre la Ligue 2

 

Il y a plusieurs façons de vivre son supportérisme. De ceux qui suivent leur équipe à domicile comme en amical à Saint-Amand-en-Puisaye, en passant par les abonnés à … BeIn Sports, chacun l’aime à sa façon. Entre Europe et ventre mou, montée et relégation, le supporter traverse plus d’émotions en quelques saisons qu’en quarante-cinq ans de mariage avec Yvonne.

À moins qu’il supporte un club englué en Ligue 2 ?

Si les supporters rennais ou nantais ont l’habitude de se plaindre du manque d’actions et d’émotions autour de leur club ces dernières années, ils peuvent se consoler en se disant que leur équipe favorite joue dans le haut du panier tricolore. Mais qu’en est-il quand vous êtes dans la même situation de mollesse sportive, en Ligue 2 ?

Pour savoir comment est-ce de supporter un club qui se trouve depuis de longues années au second étage du football français, nous avons eu le témoignage de Bastien et Jean-Baptiste, respectivement fans de Châteauroux et Tours. Châteauroux est aujourd’hui en National après avoir passé dix-sept saisons d’affilée en deuxième division. Quant au Tours FC, il est en Ligue 2 depuis 2008.

La Ligue 2 : entre ombre et lumière

La Ligue 2 : entre ombre et lumière

Le  supporter de « club de Ligue 2 » aurait tendance à se satisfaire de sa position, sachant d’où il vient et qui il est : club d’une petite ville française. Ainsi, pour Bastien, « pour une ville peu exposée comme Châteauroux, un long bail en Ligue 2 c’est déjà une belle performance ». Dans un championnat particulièrement difficile et instable, le fait de voir « quelques clubs mythiques chuter » quand la Berrichonne s’inscrivait sur la durée en deuxième division « était déjà un joli résultat ».

Cependant, le plaisir de voir son club ancré dans un championnat professionnel n’empêche pas l’ambition de monter en Ligue 1. À Tours, Jean-Baptiste a cru à la montée dans l’élite dès le retour de son équipe en deuxième division. Sa plus grande émotion reste « le match de la montée » contre Montpellier, concurrent direct, où le club tourangeau devait l’emporter mais a finalement fait 0-0. Malgré la déception, il estime que « cette saison fut fantastique ».

Pour notre supporter castelroussin, particulièrement marqué par le passage de Zvunka, par deux fois il a rêvé à la montée : en 2003 et 2005, où le club finit 5ème.

L’accumulation des saisons en Ligue 2 donne ses lettres de noblesses au supporter de football. Quand certains désertent les stades de leur équipe de Ligue 1 après quelques mauvais résultats, d’autres restent fidèles à leur amour sportif, et ce quelle que soit sa position. Cependant, vivre la Ligue 2 est loin d’être un calvaire, et tel le verre à moitié plein, on peut y trouver beaucoup de satisfactions.

" Tu penses que ce sont des pieds de Ligue des Champions ? "

« Tu penses que ce sont des pieds de Ligue des Champions ? »

Ainsi, selon Bastien, « ce n’est pas si désagréable de se dire que chaque année on a notre place chez les professionnels ». Cela permet également de « placer une ville sur la carte », comme dans le cas de Châteauroux, mais aussi Laval, Sochaux ou Troyes. Qui n’a pas appris la géographie grâce au foot ?

De plus, le supporter de Ligue 2 peut prendre plaisir à voir l’éclosion de futurs (très) bons joueurs dans son club. Selon notre supporter du Tours FC, qui a « eu la chance d’avoir de bons éléments » qui lui ont procuré « de belles émotions », voir des joueurs réaliser des bons matchs à un niveau supérieur « rend heureux ».

Les rencontres de Ligue 2 étant désormais diffusées en intégralité, la frustration de ne voir son équipe qu’en multiplex est révolue. Ce championnat est peut être plus respecté qu’avant, et le fait de voir tous les matchs, d’assister à des scénarii de fins de saison fous (comme la saison dernière avec Le Havre), et de découvrir de futurs très bons joueurs comme Koscielny ou Giroud pour le tourangeau Jean-Baptiste, participe à la mise en valeur de ce championnat.

Et de ses supporters.

Alors, comment vivre son supportérisme en Ligue 2 pour les nuls ? Être heureux d’avoir un club (encore) sous le statut professionnel, vibrer même pour une septième place, prendre les paris sur les futurs joueurs de son club qui vont jouer la Ligue des Champions, et kiffer de n’avoir pas à lire trois lignes de résumé du match de la veille dans le quotidien régional pour suivre son équipe.

Dans « le football vrai », il en faut peu pour être heureux.

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